La mondialisation de la pauvreté

La mondialisation, c’était censé apporter quoi, au juste? Ah oui, la richesse, la paix, le bonheur…

Mais, quand on s’y arrête, on constate assez rapidement que n’est pas tout à fait le cas. Ouvrir les marchés, réduire l’intervention de l’État au stricte minimum, devait apporter le paradis sur Terre. Ce n’est pas ce qui s’est produit.

C’est plutôt la pauvreté qui a été mondialisée. Michel Chossudovsky, dans son ouvrage « La mondialisation de la pauvreté », a pris soin de se taper un tour du monde… et les résultats de son analyse laissent entrevoir les ravages des pratiques qui inspirent la mondialisation.

On pourrait dire: qui la pourrissent.

Enchainées par les dictats du consensus de Washington (genre de Table de la Loi de la Sainte mondialisation), les Nations qui ont le malheur d’avoir besoin du « secours » du FMI, de la Banque Mondiale et des grandes institutions financières n’ont qu’à bien se tenir : ça va secouer.

Évidemment, chaque fois qu’un État perd le contrôle de ses finances, qu’il éprouve des difficultés à rembourser convenablement ses créanciers, on lui indique la solution magique : le FMI. Tout ira bien.

Alors, le Fonds Monétaire International (FMI) entreprend de rembourser pour vous vos créanciers… tout en devenant, à son tour, celui qui tient la laisse. Vous avez de nouveaux créanciers qui ont remboursé vos créanciers précédents. Tout va bien.

En fait, non.

Tout ira mal, car on vous a forcé à avaler le remède de cheval, sans prendre soin de découper l’énorme pilule en petits morceaux, ou de la dorer. Mais, il vous faudra l’adorer, la digérer et faire ce qu’on vous dit, à la lettre.

Le remède se résume ainsi : stricte discipline budgétaire, diminution des dépenses publiques, éliminations des barrières à l’investissement étranger, privatisations (idéalement de ce qui va bien), dérèglementation des marchés, dévaluation de la monnaie…

Et pas un seul pas de côté ne sera toléré.

Un paquebot, nous dit le FMI, peut se retourner sur un dix sous. Pourquoi prendre son temps et faire les choses par étape quand on peut simplement et rigidement tout balancer par-dessus bord?

Le rêve, malheureusement, ne se réalise pas. Les économies qui comptaient sur leur secteur agricole ont été forcées de les abandonner pour jouer le jeu du marché mondial. Mais, combien d’agriculteurs locaux réussissent à tirer leur épingle du jeu contre les géants internationaux?

Votre monnaie dévaluée devait vous ouvrir les portes du commerce international… mais les revenus ne sont finalement pas au rendez-vous parce que tout ce que la dévaluation a permis, c’est de rendre vos ressources encore moins chères pour les investisseurs étrangers (donc, moins de revenus pour vous)… sans compter que vous aurez, au passage, privatisé vos joyaux culturels et touristiques, vos sociétés d’État ou toutes autres de vos possessions qui généraient pourtant des revenus.

Alors, les économies locales s’écroulent, le tissu social éclate en morceaux, le chômage monte en flèche, la pauvreté gagne du terrain au lieu d’en perdre. Votre désinvestissement dans les programmes sociaux a notamment rendu votre secteur de la Santé moins capable, de telle sorte que des épidémies se propagent. Maintenant, tout va mal.

Vous devrez importer ce que vous étiez pourtant en mesure de produire vous-même il n’y a pas si longtemps. Et ça n’ira pas mieux, parce que vous devrez, tôt ou tard, réemprunter aux mêmes requins pour rembourser vos dettes… en augmentant vos dettes!

Ce cercle violemment vicieux s’est établi au nez de votre gouvernement qui n’a eu d’autre choix que d’acquiescer, aux dépens de la démocratie et de votre population. Les seuls qui ont tiré avantage de la situation sont les grandes institutions financières qui vous tiennent désormais par les…

Toujours les mêmes.

C’est la tutelle, le nouveau colonialisme qui s’installe, un néo-colonialisme, économique celui-là, qui permet aux envahisseurs de prendre le contrôle de votre pays sans même avoir à y lancer une seule bombe.

En somme, la thérapie économique n’a pas fonctionné. Elle n’a pas guéri le malade. Elle lui a plutôt filé le cancer.

Alors, vous demandez-vous: a-t-on au moins appris de ces erreurs et échecs, depuis? Après tout, le livre de Chossudovsky a été écrit il y a 20 ans.

Eh bien, non.

Pourquoi faire puisque, pendant ce temps, pour compenser pour ceux qui n’ont désormais plus les moyens, on a réussi à convaincre les quelques pays plus chanceux de la nécessité de surconsommer!

Et le fossé entre riches et pauvres ne cesse de se creuser.

Inexorablement…

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