Survivre à l’offensive des riches

Est-ce que la vie se résume à la consommation?

Est-ce que le bonheur se mesure au pouvoir d’achat?

On dira non, rapidement, avec certitude. Mais, les faits forcent la retenue et incitent au bémol.

Seriez-vous prêts à vous priver de votre téléphone intelligent? À ne pas courir au magasin procurer le dernier modèle à votre enfant? À vous contenter de ce dont vous avez vraiment besoin pour vivre?

Dans son livre,« Survivre à l’offensive des riches », Roméo Bouchard, un habitué de la contestation et de la défense des principes nobles, nous plaque le nez dans la glace. La grimace s’impose.

« Nous sommes pris au piège d’une société de production et de consommation compulsive qui se referme sur nous et nous étreint mortellement ». La déclaration est nette, sans détour.

Pris au piège, l’esprit colonisé, persuadés que nous sommes que le cours des choses est inexorable, inaltérable, esclaves au comportement politique et économique programmés par ceux qui en tirent profit.

Les riches, qu’on identifie souvent n’importe comment, ne sont pas les entrepreneurs du coin de la rue qui ont réussi, à force de labeur et de sacrifices. Ce sont les détenteurs du capital, pas les producteurs, ceux qui réalisent concrètement quelque chose. Ces riches détiennent l’influence, les leviers, les moyens et le pouvoir de forcer la société à s’adapter à leurs besoins, selon leurs intérêts. Ils s’offrent les médias de masse qui relayent, par obligation, le message convenu afin qu’il devienne dans l’ordre des choses de plier devant l’inacceptable.

Alors, on produit plus, on consomme plus, on pollue plus, mais la petite boule bleue a pourtant ses limites. Faut-il la pousser à bout? Pour paraphraser Hubert Reeves, si l’homme gagne sa guerre contre la nature, il est perdu.

Voilà pourquoi il est impossible de changer le cours des choses sans changer, profondément. Changer nos habitudes, nos façons de faire, nos réflexes.

Et pour y parvenir, certes, le chemin s’annonce long, ardu, peut-être perdu d’avance.

Roméo Bouchard est pessimiste, alarmiste, mais réaliste à la fois. Les changements profonds prennent trop de temps à s’installer pour nous faire croire sérieusement qu’un autre monde se réalisera.

L’emprise des ploutocrates, de l’aristocratie bancaire, sur nos sociétés, nos démocraties, est si forte qu’il est difficile de visualiser un lendemain qui diffère. « L’État est en péril: il est devenu l’instrument des banquiers », nous dit l’auteur.

La démocratie n’est plus. Elle est une sorte de caricature, de mascarade, de poudre aux yeux qu’on agite, une fois tous les quatre ans. Et quand on sait le pouvoir que les détenteurs du capital peuvent avoir sur le résultat des élections…

Néanmoins, c’est par la politique que le chemin se construit. « La solution réside dans le peuple. Survivre ne sera possible que si nous sortons de notre impuissance à briser nos fers et reprenons le contrôle du train qui nous emporte. »

La démocratie, la vraie, comme seul espoir.

C’est un bel espoir.

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